ALGK et Jimena Royo-Letelier, rencontre de la musique et du numérique

Découvrons le numérique autrement avec Alice Guerlot-Kourouklis (ALGK) et Jimena Royo-Letelier, deux artistes aux parcours très différents. Invitées à participer au festival Nanterre Digital, les deux femmes me parlent de leur projet de sonification de données.

Aujourd’hui, le numérique est partout, même là où on l’attend le moins ! Aucun secteur n’est épargné, pas même celui de la musique. Depuis 2016, la compositrice Alice Guerlot-Kourouklis et la mathématicienne Jimena Royo-Letelier travaillent en collaboration sur un projet de sonification de genre data (données). Explications.

(Ré)écouter le portrait d’Alice et de Jimena sur Radio Agora.

Alice Guerlot-Kourouklis : de la musique à la science

Crédit photo : Flavien Prioreau
Alice Guerlot-Kourouklis est musicienne et compositrice. Elle fait des études en sciences humaines avant de se lancer dans la musique un peu par hasard. Musicienne instrumentiste dans des groupes à ses débuts, elle se met rapidement à la composition. C’est en passant petit à petit d’une pratique instrumentale à une pratique de la musique assistée par ordinateur (MAO) qu’elle a eu son premier contact avec des outils numériques. L’outil informatique lui a permis de commencer à travailler la création sonore malgré son absence de formation en écriture musicale, à laquelle elle se consacre depuis maintenant une quinzaine d’années.

> Consulter la Timeline d’Alice Guerlot-Kourouklis.

Jimena Royo-Letelier : de la science à la musique


Jimena Royo-Letelier est mathématicienne et musicienne. Son CV est impressionnant. Arrivée en France en 2006 pour faire des études d’ingénieur à l’École Polytechnique, la jeune chilienne est titulaire d’un doctorat en mathématiques. Elle complète ensuite sa formation en s’orientant vers les mathématiques appliquées aux sciences liées à la musique. Jimena est actuellement Research Scientist chez Deezer. Elle a toujours pratiqué la musique en parallèle de ses études. C’est donc tout naturellement qu’elle participe, depuis un peu moins de trois ans, à des projets artistiques et musicaux, comme celui en collaboration avec Alice.

> Consulter la Timeline de Jimena Royo-Letelier.

Un projet commun : la sonification de data

Les deux femmes se sont rencontrées dans un cadre privé. C’est depuis qu’une connaissance de Jimena leur a proposé un premier travail sur les inégalités de genre que le projet est né. Le projet d’Alice et de Jimena est un projet de sonification de data, qui consiste à prendre des données et à les transformer en musique. Alice et Jimena travaillent main dans la main et procèdent à une véritable mutualisation de leur compétences respectives, comme me l’explique Alice :

Dans ce projet, il y a toute une partie qui consiste à programmer, coder, que je suis incapable de faire et dont Jimena s’occupe. La partie musicale est plutôt apportée par moi, même si on fait ensemble le choix des effets de distorsion sur lesquels les data vont agir.

Les femmes et le numérique : l’heure de bousculer les codes

Le domaine du numérique reste un univers réputé masculin. Lorsque je leur pose la question des inégalités hommes/femmes dans le milieu, Jimena me rapporte les résultats d’une expérience outre-Atlantique qui fait réfléchir :

Ils faisaient passer un test aux garçons et aux filles. C’était un test un peu de géométrie, où il y avait une figure géométrique qui avait été retournée en trois dimensions et il fallait déterminer si c’était la même figure ou pas. Quand ils présentaient l’exercice comme un exercice de mathématiques, les garçons réussissaient mieux que les filles. Quand ils présentaient le même exercice en disant que c’était un exercice plus de dessin, quelque chose d’artistique, les filles réussissaient pareil que les garçons. Ça montre que c’est juste qu’on a des a priori intérieur qui empêchent de répondre aux questions parce qu’on ne se sent pas bonne, on ne se sent pas forte, on ne se sent pas capable et pas autorisée.

Et lorsque je lui demande ce qu’il faudrait changer pour que les choses évoluent, Jimena me répond sans hésiter. Selon elle, c’est une entreprise de longue haleine qui commence dès le plus jeune âge, à l’école voire à la crèche. Le cœur du problème résiderait, d’après elle, dans les représentations et les modèles qui sont proposés aux petites filles. Il faudrait leur montrer qu’il y a des femmes qui exercent des métiers dans le numérique, des femmes qui font des sciences, et que ce n’est pas uniquement réservé aux garçons.
Un vaste programme donc !
Ce qui est sûr, c’est qu’il nous reste un certain nombre de progrès à faire dans ce domaine.

Retrouvez Alice et Jimena à l’occasion d’une table ronde organisée dans le cadre du festival Nanterre Digital, jeudi 7 décembre 2017, à partir de 18h30, sur le campus Paris Ynov (12 rue Anatole France, Nanterre).

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Découvrez le portrait de Régina Demina, une autre artiste du numérique.

Retrouvez tous les portraits de femmes dans l’exposition Women In Numérique, du 6 au 16 mars à la maison de l’étudiant de l’université Paris Nanterre.

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